Direct Matin Montpellier Plus

26-02-2015

UN SCRUTIN PAS COMME LES AUTRES ?

Les élections départementales auront lieu les 22 et 29 mars prochains afin de renouveler l’intégralité des conseils départementaux. Dans l’Hérault comme ailleurs, le mode de scrutin est modifié, passant à un renouvellement intégral des conseils au scrutin binominal (mixte) majoritaire pour un mandat de six ans (au lieu d’un renouvellement par moitié au scrutin uninominal tous les trois ans). Sur les 25 cantons héraultais, 5 concernent Montpellier. L’occasion de décrypter avec le politologue et sociologue William Genieys, Directeur de recherche CNRS et directeur du CEPEL Université de Montpellier, ces élections qui ne passionnent pas les foules…
Direct Matin : On a du mal à cerner les enjeux de cette élection départementale alors qu’on ne connaît pas encore les futures compétences du Département, qu’est-ce-qui peut bien motiver les électeurs à se déplacer ?
William Genieys : Oui, c’est le moins que l’on puisse dire. Avant c’étaient des élections peu ‘visibles’ où pourtant se forgeaient les notabilités locales. Maintenant, c’est devenu des élections ‘illisibles’ où pourtant la classe politique locale va opérer au niveau du département un fort renouvellement de son personnel électif. Pourquoi cela ? Tout d’abord parce que l’élection intervient dans un cadre nouveau : finies les cantonales et vive les départementales. Nous allons passer de 49 cantons à 25. Le premier problème, c’est que mis à part l’effort sémantique et communicationnel, ces élections interviennent entre une loi-cadre qui annonce plus ou moins la fin du département issu du jacobin et une nouvelle organisation territoriale dont les contours ne sont pas encore arrêtés. Si l’on sait que le nouveau pouvoir départemental va garder le social, on n’est sûr de rien concernant ces autres compétences à partager avec la Région. Le second problème concerne les personnels politiques engagés, les binômes de candidats (homme et femme) et la lisibilité de l’offre électorale. Rappelons tout d’abord que si le nombre de cantons est réduit de moitié, le nombre conseillers départementaux passera en raison de la parité, de 49 à 50 élus. Pour la réduction du personnel politique représentatif, c’est raté. Par contre pour son renouvellement, c’est mieux car seulement 22 des conseillers sortants se représentent à ces élections. Toutefois, la plupart des notables, certes en raison du cumul des mandats mais aussi pour des raisons stratégiques, se réservent pour les régionales à venir.
Dans le contexte actuel, peut-on s’attendre à une abstention record ?
Il y a de fortes probabilités que ces élections connaissent un fort taux d’abstention pour une série de facteurs liés à leur contexte que je viens d’évoquer. On peut ajouter à cela que dans bien des cas de figure, rénovation oblige, il s’agit de nouveaux candidats pour qui c’est la première élection et qui ont une faible surface politique, dans le sens où ils ne sont pas connus de leurs électeurs potentiels. Si l’on s’arrête sur le cas des 5 cantons qui concernent la ville de Montpellier, on est en mesure de voir que l’offre électorale est très forte avec en moyenne 7 listes de binômes par canton. Cette dispersion des candidatures, tout comme l’éclatement de l’offre partisane, favorisera à coup sûr l’abstention.
Quel intérêt pour le maire et président de la Métropole Philippe Saurel d’avoir constitué cinq binômes estampillés « Saurel » sur les cinq cantons montpelliérains ?
Certes on ne peut pas présupposer son effet sur les résultats futurs. Mais les candidatures de ces binômes ‘Divers Gauche’ s’inscrivent tout d’abord dans la continuité de la stratégie construite lors de municipale de Philippe Saurel. Son rapprochement avec le PS n’est pas à l’ordre du jour, même si en coulisse des choses doivent se jouer en vue des régionales. Par contre, il affiche ainsi clairement sa volonté de ‘territorialiser’ son leadership politique sur Montpellier et sa Métropole pour être en position de force dans la nouvelle région. Pour cela, il est clair qu’un département fort, comme ce fut le cas avec Gérard Saumade et Vezinhet, c’est fini.
Le FN est le grand favori des sondages, pensez-vous que le Département de l’Hérault puisse basculer à droite ?
Pour le FN, c’est l’échéance électorale ou se joue l’ancrage sur le territoire d’un parti politique qui en manque. Il est fort probable qu’il soit réussi même dans des cantons ruraux, ce qui serait relativement nouveau. Il ne faut pas oublier également que le FN a réussi à présenter des binômes de candidats dans les 25 cantons de l’Hérault, dont la plupart sont des nouveaux entrants en politique. Cela montre bien une capacité accrue à être présent sur le théâtre de toutes les élections. Le basculement à droite ne sera possible qu’au terme d’une alliance explicite, mais aujourd’hui improbable, entre le FN et les partis de droite.
Propos recueillis par Davy Gounel

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